Trois semaines entre la Thaïlande et le Vietnam
Il y a des voyages dont on revient avec des milliers de photographies. Celui-ci en fait partie. J’en rapporte aussi des odeurs, des saveurs, des couleurs un dépaysement total et le doux sentiment d'avoir vécu plusieurs voyages en un seul.
Pendant trois semaines, nous avons parcouru la Thaïlande et le Vietnam en famille, à quatre, avec nos deux grandes. De l'effervescence de Bangkok aux plages de Koh Tao, de la douceur de Chiang Mai aux rues bouillonnantes de Hanoï, jusqu'aux pitons calcaires de la baie d'Ha Long, chaque étape avait son caractère, son rythme et sa lumière.
Ce carnet de voyage n'a pas la prétention d'être un guide exhaustif. C'est simplement le récit de notre itinéraire, ponctué de nos coups de cœur, de quelques bonnes adresses et de conseils recueillis en chemin.
J'espère qu'il vous donnera, à votre tour, l'envie de découvrir cette magnifique région d'Asie.
Notre itinéraire :
-Bangkok : 3 nuits
-Koh Tao : 4 nuits
-Koh Phangan : 3 nuits
-Chiang Mai : 3 nuits
-Hanoï : 3 nuits
-Croisière baie d'Ha Long : 1 nuit
Koh Phangan, Sairee Beach
Bangkok, le vertige des cinq sens
Il y a des villes que l’on visite.
Et puis il y a Bangkok.
Bangkok ne se laisse pas apprivoiser. Elle déborde, klaxonne, bouillonne. C’est une métropole tentaculaire, une pieuvre urbaine dont chaque bras semble mener vers un monde différent. Ici, un bouddha d’or géant étincelle sous le soleil. Quelques rues plus loin, le ciel se mire dans des tours de verre. Vers la rivière, des maisons sur pilotis s’effritent au bord des khlongs, dentelés par une jungle luxuriante.
On passe d’un univers à l’autre sans transition. Tout semble coexister.
Les odeurs d’encens se mêlent à celles des brochettes grillées. Les fils électriques dessinent des traits à l’encre noire au-dessus des rues. Les guirlandes de fleurs côtoient les enseignes criardes. Bangkok éveille les cinq sens à chaque instant.
Nous n’y sommes restés que trois jours mais, en vérité, cela m’a suffi pour cette première immersion des plus fiévreuses. Retour sur une escapade riche en aventures.
1-Siam : entre temples de la consommation et création contemporaine
Nous avons choisi de séjourner au Phranakorn-Nornlen Hotel, dans le quartier de Thewet, à une dizaine de minutes à pied de Khao San Road. Une adresse que je recommande sans hésiter. Après chaque journée passée à arpenter Bangkok, retrouver ce petit hôtel calme et verdoyant était une véritable bulle d’oxygène.
Notre première journée a débuté dans le temple mercantile de Siam, une forêt de centres commerciaux où les enseignes rivalisent de gigantisme. Dans un dédale d’escalators et de néons, les boutiques foisonnent, tandis que les rues mêlent attractions commerciales, mises en scène promotionnelles et marketing en tout genre, attirant une foule d’adolescents et de familles.
Nous avons laissé les nôtres faire les boutiques pour prendre le pouls de ce gigantisme à notre propre rythme.
Nous nous sommes arrêtés au Bangkok Art and Culture Centre, vaste centre culturel à l’architecture contemporaine, avec ses espaces d’exposition et ses sympathiques boutiques d’artisans et de créateurs. Une respiration artistique bienvenue au milieu des temples de la consommation.
À quelques stations de là, nous avons rejoint la maison de Jim Thompson. Au milieu des jardins tropicaux se dressent plusieurs maisons traditionnelles thaïlandaises assemblées comme un puzzle. Le tumulte de la ville semble soudain très loin et le chant des oiseaux remplace les klaxons.
Jim Thompson, le roi de la soie disparu
Architecte et homme d’affaires américain installé en Thaïlande après la Seconde Guerre mondiale, Jim Thompson joua un rôle essentiel dans le renouveau et le rayonnement international de la soie thaïlandaise. Sa demeure, composée de six anciennes maisons traditionnelles en bois de teck, abrite aujourd’hui sa collection d’art asiatique. Elle témoigne de son goût pour l’architecture, les antiquités et l’artisanat thaïlandais. Le personnage reste également entouré de mystère : en 1967, Jim Thompson disparut au cours d’une promenade dans les Cameron Highlands, en Malaisie, sans que l’on découvre jamais ce qui lui était arrivé.
Siam Square.
Photos 1 et 2 : Siam Square. Photos 3-6 : Maison de Jim Thompson.
2- Khao San Road : regarder les touristes défiler en se faisant masser les pieds
Le soir, direction Khao San Road.
Une rue bruyante, exubérante, lumineuse, excessive. Les bars succèdent aux échoppes de street food, les tatoueurs aux vendeurs ambulants, les routards aux familles en voyage.
Après cette longue journée, nous nous installons dans l’un des nombreux salons de massage. Les fauteuils sont disposés directement sur le trottoir. Pendant qu’une masseuse s’occupe de nos pieds fatigués, nous regardons la foule passer. On pourrait rester là des heures tant le spectacle est permanent.
En revanche, je ne choisirais pas cette rue pour dîner. L’endroit est très touristique et l’on trouve bien mieux ailleurs.
3- Les khlongs : Bangkok plus intime
Embarquer à bord d’un bateau à longue queue pour découvrir les khlongs est une expérience incontournable. Quelques minutes seulement suffisent pour quitter le vacarme de la ville. Les immeubles s’effacent et laissent place aux maisons sur pilotis qui se succèdent au bord de l’eau.
Certaines sont impeccablement entretenues ; d’autres semblent lentement s’abandonner au temps. Les tôles rouillent, les planches s’affaissent, les escaliers plongent directement dans le canal. Par endroits, la végétation luxuriante paraît vouloir reprendre possession des constructions.
Deux enfants rient en se jetant dans l’eau. Un peu plus loin, un moine vide ses déchets organiques dans le fleuve. Une barque de vendeur ambulant avance sans bruit.
On observe cette vie depuis le bateau, à la fois proche et inaccessible, tandis que défilent des maisons ouvertes sur l’eau, des terrasses chargées de plantes, des temples, des pontons fragiles et des bâtiments à moitié détruits.
Je regrette de ne pas avoir choisi une excursion plus longue, avec un arrêt à The Artist’s House, une ancienne maison traditionnelle devenue lieu artistique au bord des canaux. Si vous le pouvez, prévoyez une balade d’au moins une heure trente.
4- Le Grand Palais
Impossible de venir à Bangkok sans découvrir le Grand Palais et le Wat Phra Kaeo, qui abrite le célèbre Bouddha d’Émeraude. Le lieu est spectaculaire par son histoire, sa richesse, ses dorures et ses milliers de mosaïques. Les façades scintillent, les statues monumentales montent la garde et chaque surface semble avoir été minutieusement décorée.
La chaleur tropicale de juillet, la foule et l’immensité du site rendent la visite assez éprouvante, mais elle reste incontournable.
5- Chinatown : le cœur qui bat
Le dernier soir, nous rejoignons Chinatown.
Depuis Little India, qui ne nous laissera pas un souvenir impérissable, nous nous glissons dans un dédale de passages étroits et de ruelles sombres aménagés sous les édifices. Les échoppes s’y succèdent, chargées de gadgets, de bijoux, de porte-clés colorés et d’objets en tout genre.
On marche presque à tâtons dans ces couloirs encombrés, avant de déboucher soudain sur Yaowarat Road.
Le contraste est saisissant.
L’artère bat à plein régime sous des néons criards et des enseignes lumineuses qui s’empilent jusqu’au ciel. Une foule compacte se presse sur les trottoirs que les chalands interpellent bruyamment.
Les gargotes et les étals de street food se succèdent sans fin. Le bitume grésille, fume, clignote. Les odeurs épicées, sucrées ou grillées se mélangent dans l’air lourd du soir.
Chinatown est une véritable fourmilière. On avance lentement, happé par la densité de la foule, les couleurs électriques, le bruit et l’abondance. Le quartier mérite vraiment d’être découvert le soir, lorsque toutes les lumières s’allument. Mais il faut se préparer à en revenir épuisé, les jambes lourdes et les cinq sens saturés.
6- Ce que je retiens de Bangkok
Bangkok ne m’a pas séduite, mais elle m’a fascinée. C’est une ville de contrastes permanents, où le luxe côtoie les maisons délabrées, où les temples répondent aux centres commerciaux, où les canaux silencieux prolongent les avenues saturées de circulation. Une ville dans laquelle il faut accepter de se perdre, de changer sans cesse de moyen de transport et de passer, en quelques minutes, d’un quartier luxuriant et paisible à une artère étourdissante. Nous n’avons pas eu le temps de découvrir les grands marchés ni certains quartiers plus confidentiels. Je n’aurais pourtant pas prolongé notre séjour, car Bangkok est une ville qui épuise autant qu’elle émerveille.
Trois jours nous auront permis d’en saisir quelques facettes. Pas assez pour la comprendre, sans doute, mais suffisamment pour ne pas l’oublier.
7- Carnet pratique et adresses personnelles
Hôtel : Phranakorn-Nornlen Hotel (quartier de Thewet) :Une adresse pleine de charme, calme, fleurie et accueillante, idéale pour se reposer après les journées de visite. À une dizaine de minutes à pied de Khao San Road tout en restant à l'écart de son agitation.
Se déplacer : Bangkok est immense, on ne peut pas tout faire à pied. Il faut alterner le métro (MRT et BTS), les taxis (peu coûteux), les tuk-tuks (toujours négocier le tarif avant de monter), et les bateaux sur le Chao Phraya, souvent plus rapides que la route.
Mes conseils :
Prévoir des journées raisonnables : la chaleur et l'humidité fatiguent rapidement.
Commencer les visites tôt le matin.
Garder les soirées pour Chinatown ou Khao San Road.
Ne pas hésiter à consacrer une demi-journée aux khlongs qui révèle l'âme de Bangkok.
Koh Tao, l'île confetti
Quitter Bangkok pour rejoindre Koh Tao, « l'île de la Tortue », est presque un voyage dans le voyage.
Taxi, avion, bus, bateau, puis de nouveau taxi… Les correspondances s'enchaînent et le trajet paraît long. Mais lorsque l'île apparaît enfin, minuscule confetti posé sur le golfe de Thaïlande, on oublie rapidement les heures de transport.
Petit conseil : si vous êtes sensible au mal de mer, mieux vaut prévoir un traitement avant la traversée.
Nous avons choisi de séjourner quatre nuits dans un bungalow directement sur Sairee Beach. Une durée qui nous a semblé idéale pour découvrir l'île sans se presser.
Vue depuis le bungalow.
Après Bangkok, le contraste est saisissant. Ici, le temps ralentit. À marée basse, la plage devient un immense tableau éphémère. Les arénicoles dessinent des milliers de tortillons dans le sable tandis que les crabes bulleurs façonnent leurs minuscules sphères. Les chiens vivent en liberté, se chamaillent, s'ébrouent dans les vagues puis s'endorment à l'ombre des cocotiers.
Les martins tristes ne sont pas tristes. Ils sifflent, croassent et gazouillent du matin au soir.
Les noix de coco fraîches remplacent les bouteilles d'eau. Le riz frit devient un rituel.
Les squelettes de coraux blanchis attendent patiemment que le temps les réduise en sable.
Et puis il y a ces voyageurs aux genoux, aux bras ou aux poignets soigneusement enveloppés de gaze blanche. Nous avons d'abord cru qu'il s'agissait de tatouages fraîchement réalisés. Nous avons vite compris qu'il s'agissait le plus souvent des conséquences de chutes de scooter, malheureusement très fréquentes sur cette île aux routes escarpées.
Pour cette raison, nous avons choisi de faire le maximum à pied. Depuis Sairee Beach, une agréable promenade le long de la plage mène à la rue principale, bordée de restaurants, de salons de massage, de studios de tatouage et de jolies boutiques où l'on trouve de beaux souvenirs artisanaux.
À Koh Tao, nous avons surtout pris le temps. Celui de remplir mon carnet de voyage face à la mer. De sortir une palette d’aquarelles. D'admirer les couchers de soleil.
De ne rien faire.
Et c'était peut-être cela, le plus beau souvenir.
Sairee Beach, marée basse.
Les fonds marins
Koh Tao est l'une des grandes destinations de plongée en Thaïlande. Je regrette d'ailleurs d'avoir oublié ma licence obtenue il y a une trentaine d'années. À défaut de plonger, nous avons choisi une excursion privée avec Monsieur Mo, jusqu'à Hin Wong Bay. Le snorkeling y est tout simplement exceptionnel.
Vous pourrez flirter avec d'innombrables poissons-perroquets, poissons-papillons, poissons-clowns blottis dans leurs anémones, poissons-demoiselles, poissons-chirurgiens et girelles multicolores, au milieu des coraux. Même sans bouteille, le spectacle est extraordinaire.
Hin Wong Bay.
Koh Phangan, loin de la Full Moon Party
Après Koh Tao, quelques heures de bateau puis de bus suffisent pour rejoindre Koh Phangan. L'île est connue pour sa célèbre Full Moon Party, qui attire chaque mois des milliers de fêtards. Mais nous avons choisi d'en découvrir un autre visage. Nous avons passé trois nuits à Cookie's Salad, sur Salad Beach, dans le nord-ouest de l'île, une région plus familiale, paisible et éloignée de l'effervescence du sud.
La plage est superbe. Sable blanc, cocotiers, hamacs, balançoires face à la mer… Idéale pour ralentir.
En revanche, la faible profondeur de l'eau rend la baignade parfois frustrante. À marée basse, il faut marcher longtemps avant de pouvoir nager, en restant attentif aux nombreux rochers et coraux coupants. Mon mari en a fait les frais en se blessant sérieusement au pied.
Nous avons consacré une journée à explorer l'île. Notre coup de cœur revient sans hésiter à Thong Nai Pan Beach. Une longue plage bordée de palmiers, une eau enfin suffisamment profonde pour se baigner et une atmosphère paisible : nous y sommes restés près de quatre heures, sans voir le temps passer.
Nous avons également fait une halte à la cascade de Phaeng, agréable mais pas inoubliable, avant de terminer la journée au 420 Club Phangan. Perché sur les hauteurs, ce cocktail bar offre une vue spectaculaire sur la mer au coucher du soleil.
Le soir, nous avons retrouvé ce qui fait aussi le charme de la Thaïlande : dîner les pieds dans le sable pendant qu'un spectacle de jongleurs de feu illumine la plage.
Et puis, comme nous l’avons remarqué depuis notre arrivée en Thaïlande, les chats se prélassent un peu partout, sur les terrasses, devant les restaurants ou à l'ombre des arbres, ajoutant un peu de douceur à cette parenthèse insulaire.
Chiang Mai, le coup de cœur
Après les îles, nous avons pris un vol pour rejoindre Chiang Mai, au nord de la Thaïlande.
Et ce fut un véritable coup de cœur.
Plus paisible que Bangkok, plus authentique que les stations balnéaires, Chiang Mai possède une douceur de vivre qui nous a immédiatement séduits. Nous n'y sommes restés que trois nuits, mais j'aurais volontiers prolongé notre séjour de deux ou trois jours tant il y avait encore à découvrir.
Nous avions choisi de séjourner au Green Tiger House, un charmant hôtel végétarien que je recommande. Je me souviendrai longtemps des petits-déjeuners : yaourt au lait de coco, fruits tropicaux, jus d'ananas fraîchement pressé... Une façon délicieuse de commencer la journée.
Fondée au XIIIᵉ siècle, ancienne capitale du royaume de Lanna, Chiang Mai conserve encore les vestiges de ses remparts et de ses douves. Son centre historique, presque carré, est délimité par quatre portes monumentales, dont la célèbre Tha Phae Gate, aujourd'hui l'un des symboles de la ville.
À l'intérieur de cette enceinte, plus de 300 temples bouddhistes ponctuent les rues. Nous avons visité quelques-uns des plus emblématiques, comme le Wat Phra Singh, célèbre pour son architecture lanna et ses élégantes boiseries. Mais, au fond, le plus agréable reste sans doute de flâner au hasard des ruelles, où l'on découvre sans cesse un temple, un jardin, un café ou une boutique.
L'un de nos plus beaux souvenirs restera notre excursion dans la vallée de Mae Taeng à 1h30 de route de la ville. Au programme : un sanctuaire d'éléphants, une cascade, une heure de quad à travers les rizières, puis une descente en radeau de bambou sur la rivière Mae Taeng. La balade en quad fut un vrai bonheur. Les chemins serpentent entre les rizières, les petits villages et une végétation luxuriante. Quant au radeau de bambou, il nous a offert une parenthèse de douceur portée par le courant.
Un mot tout de même sur les éléphants. Si vous souhaitez les approcher, choisissez un véritable sanctuaire éthique. Les meilleurs refuges accueillent des animaux sauvés du tourisme ou de l'exploitation forestière. On les observe dans leur environnement naturel, sans promenade à dos d'éléphant ni spectacle.
Nous avons également apprécié le Night Bazaar, en soirée, ainsi que le restaurant Dash!, l'une de nos meilleures adresses du voyage.
Si je devais revenir à Chiang Mai, je resterais au moins deux nuits de plus pour partir en trek dans les montagnes, rencontrer les ethnies du nord, découvrir les villages d'artisans, célèbres pour leurs ombrelles peintes, leurs tissages ou leurs céramiques, et suivre un cours de cuisine thaïlandaise.
Chiang Mai est définitivement une ville qui donne envie de revenir.
Bonnes adresses
Green Tiger House : Un charmant hôtel végétarien, idéalement situé dans la vieille ville. Mention spéciale pour les délicieux petits-déjeuners maison.
Dash! Restaurant : L'une de nos meilleures adresses du voyage. Une excellente cuisine thaïlandaise dans un cadre chaleureux et plein de charme.
Région de Mae Taeng.
Une rue, avec son rouleau de fils électriques visible.
L’une des quatre portes de la ville.
Le night bazar.
Région de Mae Taeng.
Hanoï, l'effervescence
Après Chiang Mai, un court vol nous a conduits à Hanoï, au Vietnam, dernière étape de notre voyage avant le retour. Nous n'y sommes restés que quelques jours, mais ils ont suffi pour nous faire tomber sous le charme de la capitale vietnamienne.
Comme à Bangkok, il faut composer avec la chaleur tropicale de juillet. Hanoï se découvre facilement à pied. Nous avons passé des heures à arpenter ses rues, parfois en nous perdant volontairement dans le dédale de la vieille ville. Les milliers de scooters qui semblent surgir de toutes parts peuvent impressionner au premier abord, sans compter sur le bruit ambiant et les concerts de klaxon, mais on finit par apprivoiser cette circulation particulière. Traverser une rue devient un jeu : avancer lentement, sans hésiter, pendant que les scooters vous contournent.
Pour changer de rythme, je recommande également une balade en cyclo-pousse dans le quartier français, dont les larges avenues arborées contrastent avec les ruelles animées du vieux Hanoï.
Le cœur de la ville bat autour du lac Hoàn Kiếm. Nous y sommes revenus plusieurs fois, de jour comme de nuit. Relié par son célèbre pont rouge, le temple Ngọc Sơn semble flotter sur l'eau. Selon la légende, c'est ici qu'une tortue sacrée restitua à l'empereur Lê Lợi une épée magique après sa victoire sur les envahisseurs chinois. Ce lieu est aujourd'hui l'un des symboles de Hanoï.
En fin de journée, je vous conseille aussi de prendre un peu de hauteur. Plusieurs rooftops offrent une vue magnifique sur les toits de Hanoï et le lac Hoàn Kiếm. Nous y avons sirité quelques cocktails au coucher du soleil, un moment suspendu qui contraste avec l'effervescence des rues quelques étages plus bas.
Autre expérience incontournable : la célèbre Train Street. Plusieurs fois par jour, un train traverse une ruelle si étroite qu'il frôle littéralement les terrasses des cafés. Quelques minutes avant son passage, les serveurs poussent ou replient les tables, chacun se serre contre les façades puis le train surgit dans un vacarme impressionnant avant que la rue ne retrouve son animation habituelle. Mes filles sont restées pour le train, mais nous n’avons pas attendu.
Les amateurs d'artisanat trouveront leur bonheur dans la vieille ville. On peut y trouver toutes sortes de petits trésors comme de magnifiques peignes en corne de buffle, réalisés selon un savoir-faire traditionnel, ainsi que des sacs et des rangements confectionnés à partir de chutes de tissus Hmong. J'ai craqué pour plusieurs coupons de tissu, avec plusieurs projets créatifs en tête.
Impossible enfin de quitter Hanoï sans goûter à sa gastronomie. Nous avons particulièrement apprécié le restaurant Era, qui nous a permis de découvrir de nombreuses spécialités vietnamiennes. Et bien sûr, il faut absolument tester les cafés vietnamiens : café aux œufs, café glacé ou café au lait concentré, chacun a son caractère.
Petit conseil pratique : ne soyez pas impressionné par les billets vietnamiens. Avec des coupures de plusieurs centaines de milliers de dôngs, on a vite l'impression de devenir millionnaire. En réalité, 1 million de dôngs représente une trentaine d'euros, ce qui demande simplement un petit temps d'adaptation.
Notre séjour s'est achevé par une croisière d'une nuit dans la baie d'Ha Long. Malgré le grand nombre de bateaux qui sillonnent aujourd'hui la baie (une fréquentation qui pose d'ailleurs de vraies questions environnementales), le spectacle reste saisissant. Voir émerger des milliers de pitons calcaires des eaux est une expérience unique. Nous avons pu nous baigner, explorer une partie de la baie en kayak et admirer le coucher de soleil depuis le pont du bateau.
Très touristique, certes, mais c'est un paysage que je suis heureuse d'avoir découvert au moins une fois dans ma vie.
Bonnes adresses
Era Restaurant : Une excellente adresse pour découvrir les spécialités vietnamiennes dans un cadre agréable. L'un de nos meilleurs repas du séjour.
Lighthouse Sky Bar : Notre adresse préférée pour admirer Hanoï au coucher du soleil. Une jolie vue sur les toits de la ville, une ambiance détendue et de très bons cocktails.
Infos pratiques
Avant de partir, quelques conseils qui nous ont été utiles ou que nous aurions aimé connaître plus tôt !
☀️ Le climat
En juillet, la chaleur est omniprésente, souvent accompagnée d'une forte humidité. Privilégiez des vêtements légers ou de sport qui ne collent pas à la peau : robes ou jupes amples en coton, shorts, chemises en lin, ainsi qu'un chapeau ou une casquette. Un éventail est également très appréciable dans les villes.
🎒 À glisser dans la valise
-tongs pour le quotidien ;
-une paire de baskets ou chaussures de rando pour les excursions, les cascades ou les quads ;
-un petit imperméable ou un ciré léger pour les averses tropicales ;
-une petite couverture ou un châle pour les avions, bus et ferries, souvent très climatisés.
🩹 Les petits bobos
Notre trousse à pharmacie nous a bien servi. Pensez notamment à prévoir :
-une protection solaire efficace ;
-un répulsif anti-moustiques ;
-un gel de première urgence (contre tout types de bobo incluant piqûres de moustique et méduses : je recommande Ztrauma)
-un traitement contre les troubles digestifs ;
Si vous louez un scooter, soyez extrêmement prudent. Nous avons préféré nous en passer à Koh Tao avec nos deux ados, tant les chutes semblent fréquentes.
🚤 Les excursions
Inutile de réserver plusieurs mois à l'avance. Que ce soit pour les îles, Chiang Mai ou Hanoï, les excursions peuvent facilement être réservées sur place, souvent au même tarif, voire à un prix plus avantageux.
💆 Bien-être
Massages thaïlandais, spas, soins : difficile de résister. Les tarifs sont très abordables et c'est une excellente façon de récupérer après une journée de visites ou de randonnée.
💰 Budget
Le coût de la vie reste très raisonnable, notamment en Thaïlande. Les repas, les transports, les massages et de nombreuses activités sont bien moins chers qu'en Europe, ce qui permet de profiter pleinement du voyage sans faire exploser le budget.