Mon premier carnet de voyage

Je crois que j'avais envie de réaliser un carnet de voyage depuis des années.

J'en admirais régulièrement sur les réseaux sociaux ou dans les librairies. Ces carnets remplis d'aquarelles, de tickets, de croquis et de souvenirs me faisaient rêver. Mais je ne m'étais jamais lancée. J'avais toujours une bonne excuse : je ne dessinais pas assez vite, je n'avais pas le bon matériel ou je craignais de gâcher les premières pages.

Puis est arrivé notre voyage en Thaïlande et au Vietnam.

À la librairie de l'aéroport, j'ai acheté un magazine pour occuper les longues heures de vol. En cadeau, il contenait un petit carnet aux pages fines. C'est lui qui a tout déclenché. Je me suis promis de le remplir. Sans pression.

Je n'avais pas l'ambition de réaliser un beau carnet. Je voulais simplement conserver autrement les souvenirs de ce voyage. Ralentir. Regarder davantage. Garder une trace de tous ces petits riens qui disparaissent souvent une fois rentrés. Et, surtout, me faire plaisir.

C'est exactement ce que ce carnet m'a offert.

Les premières pages sont nées sur la tablette de l'avion qui m'emmenait vers Bangkok. Dès les premiers collages, j'étais conquise. Mes talents de dessinatrice et d'aquarelliste étant modestes, je me suis volontairement tournée vers des compositions simples : beaucoup de collages, quelques croquis, des aquarelles très accessibles et de nombreuses petites trouvailles recueillies au fil du voyage.

Pendant trois semaines, ce carnet m'a accompagnée partout. Entre deux escales, dans une salle d'embarquement, sur la terrasse d'un café, en attendant un bus ou le départ d'un ferry… Il est devenu une autre manière de voyager.

Mon carnet en quelques mots
📖 Une quinzaine de pages
📍 Thaïlande & Vietnam
✈️ réalisé pendant 3 semaines de voyage
🎨 très peu de matériel
✂️ collages, aquarelle, métal repoussé
💡 niveau : grand débutant

📍Si vous souhaitez découvrir notre itinéraire, les lieux qui nous ont inspirés et quelques conseils pour préparer ce voyage, je vous invite à lire mon carnet de voyage consacré à la Thaïlande et au Vietnam.

Le matériel à glisser dans son sac de voyage :

-un petit carnet ;
-une palette d'aquarelle de voyage et quelques pinceaux à réservoir d'eau ;
-quelques feutres acryliques, notamment un blanc, un doré et un noir ;
-un ou deux stylos Micron à pointe fine ;
-un bâton de colle et un petit tube de colle forte ;
-une paire de petits ciseaux ;
-un magazine à découper ;
-une ou deux chutes de feuille de métal à repousser ;
-un crayon à papier, une gomme et un taille-crayon ;
-une petite règle ;
-quelques morceaux de masking tape collés sur une feuille de calque ;
-quelques feuilles de papier aquarelle, de papier noir et de papier kraft.

Tout ce petit atelier tenait dans une trousse, tandis qu'un carnet de voyage de type Midori, réalisé un an plus tôt, accueillait les papiers, les collages, les cartes et tous les souvenirs conservés au fil des journées. Je vous en explique la fabrication dans mon ebook Départ imminent.

C'était tout. Et avec le recul, je me rends compte que je n'avais besoin de rien de plus. Enfin… presque.

Mon bâton de colle a rendu l'âme très rapidement et trouver un remplaçant sur l'île de Koh Tao s'est révélé bien plus compliqué que je ne l'aurais imaginé. Puis, au Vietnam, lors d'un contrôle à l'aéroport, mes petits ciseaux ont été confisqués. Heureusement, il me restait la micro paire de ciseaux de ma trousse de couture de secours. Pas facile à manier et cela m'a obligée à déchirer bon nombre de papiers.

Finalement, ces petits imprévus ont fait partie du voyage. Ils m'ont obligée à improviser, à simplifier certaines pages et, d'une certaine façon, à devenir encore un peu plus créative.

Quand tout devient matière à création

Pendant le voyage, je me suis mise à tout conserver : les billets d'entrée, les cartes distribuées dans les hôtels, les prospectus, les emballages joliment illustrés, les sacs en papier, les étiquettes... Les grands plans des villes se sont révélés de merveilleux fonds de page ou de précieux éléments de collage.

À ces souvenirs se sont ajoutés quelques petits achats pour le carnet : des cartes postales et des planches d'autocollants. Au détour d'une promenade, j'ai également fait sécher quelques fleurs entre les pages d'un livre. Elles ont traversé le voyage avec moi avant de trouver naturellement leur place entre deux pages.

Je ne pensais pas non plus que le magazine acheté à l'aéroport me serait aussi utile. Les photographies, les titres, certaines lettres ou de simples passages de texte découpés sont venus enrichir plusieurs compositions.

Dessiner… ou pas

Je ne suis ni illustratrice ni aquarelliste. J'ai donc très vite choisi de me limiter à ce que je savais faire.

Je me suis appuyée sur les photographies prises pendant les visites pour croquer un paysage, un détail, une fleur ou un oiseau. Parfois, je détourais simplement un motif au calque sur ma tablette avant de le reporter sur le papier. D'autres fois, je m'inspirais d'une image trouvée en ligne ou je laissais une simple tache d'aquarelle, quelques traits de feutre ou un gribouillage habiller la page.

J'ai aussi découvert que le collage faisait une grande partie du travail. Une carte postale, un billet d'entrée, quelques mots découpés dans le magazine ou un morceau de papier coloré suffisaient souvent à composer une page vivante, sans qu'il soit nécessaire de la couvrir de dessins.

Je crois que ce carnet m'a surtout appris qu'il n'était pas nécessaire de bien dessiner pour raconter un voyage.

Une petite touche de métal repoussé

Impossible pour moi de partir sans glisser un peu de métal repoussé dans ma trousse. Cette technique a l'avantage de demander très peu de matériel et quelques simples chutes d'aluminium suffisent : légères, peu encombrantes et prêtes à se transformer, en quelques minutes, en de jolies décorations.

J'ai ainsi réalisé un médaillon inspiré du voyage, une étiquette « Souvenirs » et quelques petits ornements venus ponctuer certaines pages.

Si vous découvrez cette technique, je vous invite à consulter mon article Tout savoir sur le métal repoussé, dans lequel je présente le matériel, les gestes de base et de nombreuses idées de créations.

Aquarelles et feutres

Comme je ne me sentais absolument pas capable de réaliser de grandes illustrations, j'ai choisi de peindre quelques motifs très simples, inspirés du voyage : des poissons tropicaux et des papillons. Une fois l'aquarelle sèche, les feutres acryliques sont venus leur donner une touche de fantaisie.

Les poissons : Commencez par peindre le corps du poisson en deux coups de pinceau : un pour la partie supérieure, un second pour la partie inférieure, en jouant avec deux couleurs d'aquarelle. Répétez le geste jusqu'à remplir une feuille de petits poissons. Une fois l'aquarelle parfaitement sèche, amusez-vous à personnaliser chacun d'eux avec des feutres acryliques de différentes couleurs : nageoires, queue, œil, pois, rayures, écailles ou autres motifs décoratifs.

Les papillons : Peignez les quatre ailes du papillon à l'aquarelle en associant deux couleurs. Là encore, inutile de rechercher la perfection : les légères variations de couleur participent au charme du motif. Lorsque les ailes sont sèches, dessinez le corps du papillon au feutre noir, puis enrichissez les ailes avec des feutres acryliques : points, lignes, arabesques, petites fleurs ou quelques touches dorées selon vos envies.

Ces poissons et ces papillons peuvent être utilisés tels quels sous forme de planches d’embellissements, mais aussi être découpés puis collés dans un carnet, sur une carte, une étiquette ou tout autre projet créatif.

Quelques astuces apprises en chemin

Ce premier carnet m'a appris bien des choses.

Par peur de rater mes pages, j'ai décidé d'écrire la plupart de mes textes sur ma tablette avant de les recopier dans le carnet.

Je ne cherchais pas non plus à terminer chaque page immédiatement. Certaines sont restées inachevées plusieurs jours, le temps de trouver le souvenir, le collage ou le dessin qui viendrait compléter la composition.

En revanche, je m'étais fixé une règle : hormis la couverture, que j'ai réalisée une fois rentrée à la maison, je ne voulais plus retoucher à ce carnet une fois la parenthèse du voyage refermée. Je voulais qu'il reste le témoin fidèle de ces trois semaines, réalisé au fil des escales, avec les moyens du bord, les émotions du moment et les souvenirs encore frais. Il me fallait donc rester modeste dans mes ambitions et imaginer des pages que je pourrais réellement terminer pendant le voyage.

Enfin, j'ai appris à accepter les imprévus. Une colle presque vide, des ciseaux confisqués à l'aéroport ou un collage qui ne se passait pas comme prévu faisaient partie de l'aventure.

Si je devais vous donner un seul conseil, ce serait celui-ci : ne cherchez pas à réaliser un carnet parfait. Remplissez-le de souvenirs, d'essais et d'instants saisis sur le vif. Ce sont eux qui lui donneront toute sa valeur lorsque vous l'ouvrirez quelques mois ou quelques années plus tard.

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